The Lying Truth

« Les apparences sont trompeuses. Rien n'est vraiment ce qu'il semble être. »
 
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 Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]

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MessageSujet: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Ven 8 Mar - 19:14

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Il ne lui fallut que très peu de temps pour parcourir le chemin qui séparait son petit appartement du grand Hôpital de Lincoln, portée par ses ailes et poussée par l’adrénaline. Amsbesis n’était pas certaine quant au lieu où avait été transporté Sinéad, mais étant donné qu’il habitait ce quartier, elle misait sur l’Hôpital le plus proche.

Il n’était pas encore trop tard pour lui rendre visite sous forme humaine, mais elle préférait amplement faire cela en toute discrétion. Certes, le trouver lui prendrait un peu plus de temps, étant donné qu’elle devrait regarder à travers toutes les fenêtres… Et fallait-il encore qu’elle le reconnaisse, après toutes ces années… Doucement, elle replia légèrement les ailes pour perdre en altitude. Heureusement que la nuit était déjà tombée, cela lui facilitait un peu la tâche : pas de reflets dans les vitres, elle pouvait donc plus aisément observer le contenu des chambres.

Elle passa devant un grand nombre de celles-ci, les effleurant parfois de ses ailes ou s’arrêtant carrément devant pour mieux observer, perchée sur les rebords, faisant tout de même attention à ne pas être remarquée. Un corbeau voyeur, ce n’était pas vraiment ce qui courait les rues…

De nombreuses minutes s’étaient écoulées depuis son arrivée à l’Hôpital, nombreuses minutes qui ne lui servirent strictement à rien : Sinéad restait introuvable. Elle songea un instant qu’il pouvait être rentré chez lui, ne préférant pas penser à l’autre hypothèse bien moins positive. Rapidement, elle se remémora la phrase de la présentatrice du journal télévisé : « Grièvement blessé »… Amsbesis ravala sa salive, angoissée. Non, il allait bien. Il n’avait pas le choix. Elle refit encore un tour, pour être sûre ; mais la fatigue et le désespoir accumulés commençaient à lui peser sur les ailes, à un tel point qu’elle heurta involontairement un buisson et, déséquilibrée, manqua d’embrasser une vitre. Elle resserra vivement ses serres sur le rebord de la fenêtre et plia ses ailes pour tenter de ralentir un maximum, mais elle ne put empêcher le choc : elle s’écroula sur le dos, rebondissant contre une vitre.

Alors qu’elle allait se relever, Amber constata que son corps était en train de rouler sur le côté : elle ne réalisa que trop tard qu’elle était sur le point de faire une chute libre de quelques étages… D’autant plus qu’elle ne s’était pas préparée à reprendre son envol, et que de toute manière, sa fatigue l’empêcherait de réagir convenablement même en pleine descente en pic. Au moment où l’attraction terrestre aurait du se faire ressentir, Amb’ eut une toute autre impression : celle qu’on la saisissait. Comme si une main la serrait…

Tournant vivement la tête, elle faillit littéralement mourir d’une crise cardiaque : une énorme tête était perchée juste au dessus d’elle, l’observant avec de grands yeux ronds, surpris. Inconsciemment, elle détailla le visage de l’humain : des iris marron clair, des cheveux châtains, clairs eux-aussi, des sourcils épais, mais pas trop, et une barbe qui ne devait pas dater de très longtemps, étant donné qu’elle était très courte. A travers ces caractéristiques, Amber semblait reconnaître quelqu’un. Mais qui ? Une connaissance récente ? Datant un peu plus ? Elle l’ignorait encore…

Elle fut transportée à l’intérieur de la chambre : contrairement à ce que son instinct sauvage lui criait, elle ne se débattit pas. De toute manière, elle était trop épuisée et trop sonnée pour reprendre son envol jusqu’à son appartement… Et étant donné qu’il l’avait sauvée, elle doutait qu’il lui fasse du mal par la suite. Oui mais… Elle ne voulait pas finir dans un nouvel élevage, ça non… Involontairement, ses yeux s’arrondirent de peur. L’être humain sembla le voir, puisqu’il la resserra légèrement contre lui, contre ses vêtements blancs, rassurant.

- N’aies pas peur, toi… J’te ferais pas d’mal.

La voix la décontracta instantanément. C’était drôle, mais ce ton-là lui disait quelque chose… Dans ses souvenirs, il n’était pas tout à fait identique, mais… Il lui restait familier. Amsbesis accorda de nouveau un regard à son sauveur qui finit par approcher sa main d’elle… Une main partiellement rougie, comme si…

« Est-ce que… »

Elle n’en croyait pas ses yeux. Elle l’avait cherché toute la soirée, elle l’avait cherché pour se rassurer sur son état… Et voilà que c’était à nouveau lui qui la sauvait ! Après la chute du nid, la prise de vitre… Décidément, elle lui devait énormément. Amber ne put retenir un rictus, tel un sourire rassuré. Elle avait raison, il allait bien. Elle aurait voulu le lui dire, et en même temps, le remercier pout tout… Mais elle ne le pouvait pas. Alors elle se contenta de profiter de la caresse qu’il lui accordait, ses doigts parcourant son plumage.

C’était si bon de se sentir en sécurité…
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Mar 12 Mar - 18:39

(Bruitage by Amber)

- grrrlllww. -

Sinéad posa une main sur son ventre. Il avait une de ces faims. Il regarda en direction du four, lâchant d'une faible voix.

- C'est bon.. C'est en train de cuire.

La faim ne le lâchant pas, il se dirigea vers le frigo qu'il ouvrit négligemment. Tout en passant en revue son contenu, il se gratta le menton. Il sentit sous ses doigts sa barbe de trois jours crisser.
Oui, il se laissait un peu aller quand sa mère partait pour quelques jours. Surtout en ce moment, il n'avait pas trop le moral à entreprendre quelque chose.
Se rendant compte qu'il se tenait là, figé devant le frigo, depuis quelques minutes déjà, il attrapa une pomme qui traînait dans le bac à légume. Quel drôle d'endroit pour un fruit.
Se désintéressant soudainement du frigo, il ferma la porte sans même la regarder.

C'était le week-end. Sinéad était chez lui, ou plutôt chez sa mère, là où il résidait habituellement. C'était à la fois pratique et nécessaire. Pratique car son lycée était juste à coté. Nécessaire parce qu'ils n'avaient pas vraiment les moyens de lui payer son propre logement en attendant qu'il finisse ses études, du moins pas dans le quartier de Lincoln. Mais ce n'était pas plus mal de son point de vue. Les repas étaient prêts quand il rentrait, son linge lavé, et nul besoin de faire les courses. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait de prendre son indépendance.
Sin' s'approcha de la fenêtre, s'accouda contre son rebord, et, le front collé à la vitre, il regarda le monde. C'était amusant de voir les gens s'agiter plus loin, dans les rues. Courir là où leur vie les menait. Un peu comme lui en somme. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui il était fatigué, et c'était le week-end !
Il leva un peu les yeux, regardant les oiseaux qui tournaient en cercle au delà de la cime des arbres. Quelque part il les enviait. Eux qui volaient librement au dessus de tout ça. Libre, c'était ça. Mais bon... Leur liberté était bien limité. N'étaient-ils pas privé de libre arbitre ?
Un corbeau passa au dessus des étourneaux. Sinéad ne le lâcha pas du regard. Les corbeaux lui rappelait l'innocence de son enfance. Un sourire fit sa place sur son visage las. Il croqua dans sa pomme.
Il paraîtrait que les corbeaux serait signe de mauvais présage, Sinéad, lui, n'en croyait pas un mot. Les corbeaux étaient juste les oiseaux rois des villes.
Dans ses pensées, Sinéad en oublia son repas. D'autant plus que la pomme calmait sa faim.
Il en oublia également le four dans lequel cuisait sa pizza. Car Sinéad, en l'absence de sa mère et comme tout étudiant, ne faisait pas dans la grande gastronomie. Il en oublia que le four, depuis peu, dysfonctionnait. Il en oublia aussi le torchon toujours posé sur la poignée du four.
Les bords de la pizza se carbonisèrent lentement. Sous la langue de la chaleur, tout doucement, l'eau déserta la pizza. Sa puissance augmenta, si forte que son souffle transperça l'aération du four jusqu'à atteindre le torchon. Progressivement, la chaleur entreprit de le réchauffer, elle avait tout son temps, Sinéad était occupé. Soudainement, sous l'effet de la chaleur, le torchon s'émietta. Il tomba en braise sur le sol, non loin du tapis. Le tapis, d'humeur explosive, s'embrasa. A la différence du torchon, son odeur s'évada dans tout l'appartement, laissant une légère fumée noire s'élever contre le plafond. Le feu s'était déjà emparé de la cuisine, et avant même que Sinéad n'en sente la présence, du couloir de l'entrée.

Ses yeux le piquant, Sinéad cligna des yeux. Le jeune homme s'étonna d'être fatigué à ce point alors qu'il avait fait la grasse matinée. Il ferma les yeux et inspira profondément, se décrochant de sa fenêtre. Tiens ?.. Une odeur de brûlé ?... LA PIZZA !
Passant d'une immobilité parfaite au triple galop, le jeune homme sortit du salon en courant.
Le bruit de sa course fut amorti par la moquette. Mais il arrêta très vite de courir. Dès qu'il arriva dans le couloir où une vision apocalyptique l'attendait.
La fournaise, ce fut le premier mot qui lui vint. Partout, le feu, les flammes. Puis cette chaleur insoutenable. Il eut l'impression d'avoir atterri en enfer. Que tout cela n'était encore qu'un cauchemar. Il resta bloqué devant la scène.
Les flammes léchaient le papier peint des murs qui tombait en lambeau, avant de se désagréger sur les braises rougeoyantes du sol. Quel sol ? Il n'y avait guère que des cendres et du feu. Combien de temps avant que ça ne s'effondre ? Peut-être n'attendait-il que son poids pour s'effondrer ? Ou peut-être que le plafond se déroberait avant ?...
Sa tête lui tournait, le spectacle infernal l'avait fasciné, un peu trop. Le feu avait déjà dévoré le couloir, il s'était sûrement propagé dans les pièces voisines.
Sinéad fit demi tour vers la salle de bain. Il titubait, son esprit était embrouillé. Mais il savait une chose : L'eau éteignait le feu. Pas à pas, il se dirigea vers la chambre, seule pièce qui accédait à la salle de bain. Il poussa la porte de la chambre. La porte cessa de supporter la poussée de son bras une fois ouverte, Sinéad tangua, perdit l'équilibre. Il chuta en avant et perdit connaissance.

[…]


Tout était silencieux. Incroyablement silencieux.
Les yeux clos, Sinéad se sentait si bien, comme s'il était dans du coton. Il ne voulait pas bouger, pas penser. Juste rester là, comme il était.
Mais la réalité le rattrapa.
Son épaule le tira, il eut l'impression que quelqu'un lui tirait la peau de la joue, sa jambe.. Ses jambes... lui faisaient atrocement mal. Le frottement avec les draps était insupportable. Il serra le poing, la douleur ne fit que s’accroître. Comme s'il avait conservé le même corps, mais que sa peau avait raccourci. Il grogna de douleur. Qu'est-ce qu'il s'était encore passé ?
Il bascula ses jambes hors du lit, se redressa. Des fils étaient reliés à son torse. Qu'est-ce qu'il en avait à foutre ? Il les arracha de sa main gauche, intacte. Visiblement c'étaient des fils pour surveiller son état, car les moniteurs émirent un son monocorde qui lui cassa les oreilles. Il les éteignit.
Il regarda autour de lui. Tout était blanc, propre. Les draps, le lit, les rideaux, le plafond, les murs... Bon, il était dans un hôpital. Pourquoi ?
Il baissa la tête pour se regarder, serra les dents. Son cou le tira. Visiblement il avait vraiment fait des conneries. Il arrêta de bouger la tête.
Pourtant il n'avait pas souvenir d'être sorti ce week-end. Encore moins avec ses amis.

- BONG -

Il releva vivement la tête. Quelque chose venait de percuter la fenêtre ! Ni une, ni deux, il bondit sur ses jambes pour voir de quoi il s'agissait. De sa main gauche, intacte, il ouvrit la fenêtre. Juste à temps pour voir un corbeau basculer dans le vide.
Par réflexe, il jeta sa main droite pour le rattraper. De justesse ! Il le resserra doucement dans ses doigts, le ramenant à l'intérieur de la chambre. Il sourit doucement, sans remarquer qu'il lui manquait quelques poils au menton volés par les flammes. Le jeune homme aimait bien les corbeaux, quel chance d'en voir un se ramasser contre la fenêtre pour lui tenir compagnie.

- N’aies pas peur, toi… J’te ferais pas d’mal.

Il se dirigea vers le lit, pour se rasseoir, oubliant un peu la douleur. Non, décidément les corbeaux n'étaient pas à ses yeux signe de mauvais présage.
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Mer 13 Mar - 8:38

L'idée de s'en aller au plus vite d'ici l'avait quasi-instantanément quittée lorsqu'elle réalisa que celui qui l'avait récupérée sur le bord de la fenêtre n'était autre que Sinéad. Bien sûr, elle savait qu'il faudrait partir à un moment ou à un autre... Mais pour l'instant, rien ne l'obligeait à le faire. Les infirmiers n'étaient pas là, et ils avaient probablement mieux à faire que de se débarrasser d'elle... D'autant plus que si le jeune homme voulait la garder auprès de lui, ils n'avaient aucune raison de la remettre en liberté. Cependant, Amber avait lu à plusieurs reprises que les corbeaux, dans l'imaginaire collectif, étaient des entités obscures, apportant soi-disant des malédictions. D'où tenaient-ils cela ?... Au début, la jeune femme originairement oiseau s'était demandée s'il existait - ou s'il y avait existé - dans ce monde un corbeau capable de maudire... Si tel était le cas, jamais elle n'en avait croisé de sa vie. Alors, elle avait émis plusieurs hypothèses : était-ce à cause de la couleur de leur plumage ou de leurs yeux - en dehors des siens, hors-norme ? Ou bien à cause de leur cri qui pouvait effectivement effrayer... Non, décidément. Son espèce était inoffensive... En tout cas, comparée aux hommes, elle l'était.

Les caresses de Sinéad ayant cessées, Amsbesis tourna la tête vers la fenêtre : dans combien de temps pourrait-elle repartir ? Et surtout, pourrait-elle le faire, compte tenu de la situation ? Elle était bien trop à l'aise ici pour s'en aller... Et elle se sentait encore trop faible pour reprendre son envol, même pour un voyage si court. Elle songea un instant à sa fenêtre laissée ouverte... Elle doutait que quelqu'un grimpe jusqu'à son appartement, mais tout de même... C'était la deuxième fois qu'elle faisait cela. Les voisins allaient commencer à s'alerter s'ils ne la voyaient pas dans son logement, d'autant plus qu'elle vivait non-loin du quartier chaud de Roosevelt dont elle gardait d'ailleurs un mauvais souvenir.

Doucement, Amber tenta de tendre ses ailes, sans surprendre Sinéad. Elle savait comment réagissaient ses congénères aves en temps normal : ils se débattaient avec une telle fougue qu'il était impossible de les retenir. D'un coup de bec, d'ailes ou de serres, ils pouvaient rapidement se libérer du moment où l'effet de surprise était là. Or, elle ne voulait pas s'échapper. Elle avait juste... Besoin d'étendre ses ailes. C'était qu'elle commençait à avoir des crampes...

Pour compléter son mouvement, elle joignit le geste au regard. Dardant ses deux petits yeux ambrés et perçants sur son détenteur, elle essaya de lui faire comprendre - non sans mal - qu'elle avait besoin de bouger ne serait-ce qu'un instant... Après quoi, revenir dans ses mains ne lui posait absolument pas de problèmes... Au contraire. Dans un coin de sa tête, elle gardait tout de même l'idée de devoir s'éclipser... Mais plus important encore, elle devait se comporter comme un corbeau... Pas comme une humaine. Elle s'interdit alors de parler ou d'avoir des airs qui pouvaient la trahir. A cet instant-même, sa méfiance n'était pas dirigée envers Sinéad... Mais envers elle-même.
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Mer 13 Mar - 14:27

Le petit oiseau n'avait pas bougé. Mieux, il ne s'était pas débattu... C'était plutôt étrange en fait : Généralement quand un animal se faisait attraper, il se débattait pour s'enfuir, mais pas ce corbeau. Il regarda l'oiseau au plumage noir d'un œil pensif. Après tout ce n'était pas vrai, les animaux domestiques ne cherchaient pas à s'enfuir. Ce corbeau appartenait donc à quelqu'un. Mais qui ?
Sinéad pencha la tête sur le coté pour apercevoir les pattes de l'animal. Non, il n'y avait aucun badge accroché. Il devait avoir une puce implantée quelque part alors, mais lui ne pourrait pas la lire. Dommage.
Le corbeau tourna la tête vers la fenêtre, comme si quelque chose avait attiré son attention, Sinéad en fit de même. Encore une fois, il n'y avait rien à voir. Du moins pour lui, il ne pouvait pas prétendre avoir la vue d'un corbeau. Avait-il senti un danger ? Son maître ? Un courant ascendant qui lui permettrait de décoller ? Les animaux avait un sixième sens de toute façon, c'était bien connu.
Cependant, Sinéad ignorait à quel point il était dans le vrai.
Le mouvement sous ses doigts lui fit quitter ses pensées. Le corbeau venait de bouger ses ailes. Ça y est ? Il voulait déjà partir ? Ou alors c'était l'heure de rentrer, ce qu'il comprenait parfaitement, il avait peut-être une famille à rejoindre, voire à nourrir... Non c'était un corbeau de compagnie. Dans ce cas, ce pouvait être l'heure du repas. Ou bien le retour de son maître. Quelle qu’en soit la raison il desserra légèrement ses doigts, puis libéra ses ailes.
D'ailleurs.. Cela ne l'avançait pas plus. Pourquoi était-il là ? Dans cet hôpital ? Où était sa mère ? Lui était-il arrivé quelque chose à elle aussi ?
En voulant regarder sa montre qu'il n'avait plus au poignet, Sinéad s'aperçut que le corbeau le fixait de ses deux yeux ambrés.. Ambrés ?... Il fixa le corbeau. Celui-ci lui rappelait assurément quelque chose, mais quoi ? Ou qui plu précisément ? Il connaissait sûrement quelqu'un avec des yeux pareils. Il en était même persuadé. Pourtant, impossible de mettre un nom, ni même une image, sur ce regard.

- Bon sang... J'en suis certain pourtant.. J'ai déjà vu ce regard quelque part...

Faussement contrarié par sa mémoire, il fronça les sourcils et plissa légèrement les yeux, fixant le corbeau pour essayer de se rappeler. Mais il n'y avait pas moyen, il n'y parvenait pas. Il soupira.

- Pff.. Tant pis. Je me souviendrais en temps voulu. Pour le moment j'dois me souvenir de ce qu'il s'est passé. Mais bon, évidemment toi tu ne vas pas m'aider.

Sinéad se frotta les paupières d'une main. Bon. Il était rentré de l'école... Non c'était le week-end. Alors il était à la maison. Il regardait par la fenêtre. Oui c'était ça. Était-il tombé ? Non, pas du rez de chaussé. Oui, il était au salon !... Il avait faim. Donc il s'était fait à manger. Mais il ne restait rien... Une pizza. LA PIZZA !
A ce mot clef, une déferlante d'images défila dans son esprit. Coupé dans son esprit, il ne se rendit pas compte de la tête catastrophé qu'il afficha. Rien que d'y repenser lui donnait des sueurs froides.
Il revit les braises, les flammes, la fournaise envahir le salon.
Comment allait sa mère ? Elle n'était pas encore là quand ça avait brûlé. Tant mieux.
Il tourna la tête vers sa montre : Absente. Mais il pu constater que le dos de sa main était brûlé, et que le corbeau était encore là. Le tic tac d'une horloge attira son attention. Il regarda.
Vingt heures dix. Il avait donc dormi... Un peu moins de deux heures. Ouf. Sa mère n'était pas encore rentrée, elle travaillait très tard ce soir là. Mais.. La maison devait être dans un sale état.

- Merde. Quel con...

Il se frappa le front, mais fut vite rappelé à l'ordre par son dos qui lui tira.

- Aiiie...

Il s'arrêta, reposa doucement sa main à coté de lui. De toute façon, cela ne servait à rien de s'agiter. Dans son état il ne pourrait pas rentrer. Les pompiers étaient intervenus vite puisqu'il était encore vivant – quelle chance – et ils étaient assurés contre les incendies. Bien. Ce n'était pas la joie, mais la situation aurait pu être bien plus catastrophique.
Il baissa à nouveau les yeux sur le corbeau. Il n'était pas encore parti ? Sinéad le fixa, étonné. Avec tous ses mouvements, bien qu'il ait pris garde à ne pas le toucher, un banal animal se serait envolé.

- T'es spécial toi. T'as été dressé ? Tu comprends certains mots ? .. Genre si je te dis.. Va là bas !

Sinéad, peu convaincu de voir le corbeau lui obéir, désigna quand même un endroit un peu plus loin sur le lit. Au fond la présence de ce corbeau était bénéfique pour lui. Ça lui permettait de penser à autre chose que la tragédie qui venait d'avoir lieu.
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Mer 13 Mar - 17:20

Contrairement à ce qu’elle eut pensé, Sinéad eut vite fait de desserrer ses doigts pour la libérer de son étreinte. Etendre ses ailes lui fit le plus grand bien ; elle manqua presque de lâcher un long soupir d’aise qu’elle ravala de justesse, faute de devoir rester discrète. Eh oui, un corbeau, si spécial soit-il, ça ne soupire pas… En s’étirant, Amber dévoila une cicatrice visible à travers son plumage, sur son aile gauche… Celle qui marquait cet affreux moment où elle était tombée de son nid alors qu’elle venait à peine de sortir de son œuf, toute frêle et naïve.

Dans le silence presque total de l’hôpital, Sinéad et Amsbesis se regardèrent un instant qui parut une éternité. Quelque chose, chez le jeune homme, faisait croire qu’il était songeur. A quoi pouvait-il penser ? Se remémorait-il son enfance, notamment cette période où elle avait élu domicile chez lui ?...

- Bon sang... J'en suis certain pourtant.. J'ai déjà vu ce regard quelque part...

Raté. Visiblement, il n’en avait que de très vagues souvenirs, au point-même de ne pas se rappeler que ce regard avait bel et bien appartenu à un petit corbeau, à l’époque… A croire que ça ne l’avait qu’à peine marqué. Pourtant elle, Amber, ne l’avait pas oublié. Comment aurait-elle pu ? Il s’agissait sans aucun doute du meilleur moment de sa vie… Elle fut presque déçue de la réaction du jeune homme et détourna les yeux pour observer de nouveau au-delà des vitres de la fenêtre : finalement, elle ferait mieux d’y aller… Tout cela allait certainement lui peser pour rien, alors autant en finir au plus vite.

Le soupir que poussa Sinéad la rappela pourtant à l’ordre, et sans même le maîtriser, elle reposa ses yeux sur lui. Brièvement, elle se surprit à penser qu’elle ne pouvait pas lui en vouloir… Après tout, de longues années les séparaient de leur première rencontre… L’eau avait eu le temps de couler sous les ponts et la mémoire sélective de faire son tri. Peut-être même qu’il avait croisé d’autres animaux ou d’autres personnes avec les mêmes yeux qu’elle… Mais ça, elle en doutait fortement. L’once de déception qui l’avait habitée durant ces quelques secondes la quitta aussi vite qu’elle fut arrivée. Qu’il se souvienne d’elle ou non, il lui avait sauvé la vie. C’était tout ce qui importait… Ou peut-être pas. Mais elle s’obligeait à le penser.

- Pff.. Tant pis. Je me souviendrais en temps voulu. Pour le moment j'dois me souvenir de ce qu'il s'est passé. Mais bon, évidemment toi tu ne vas pas m'aider.

Amsbesis sourit intérieurement. Et voilà qu’il lui parlait… Elle se souvint qu’il faisait exactement la même chose, étant petit. Elle avait gardé ses plus lourds secrets d’enfant – des bêtises, entre autres -, l’avait rassuré lorsqu’il avait peur, notamment quand l’orage grondait au dehors, et lui avait tenu compagnie lorsqu’il se sentait triste… Un rictus las se dessina sur son visage. Comme elle aurait aimé rester dans cette chaleureuse maison !… Elle avait toujours pensé qu’elle était destinée à cohabiter avec les humains. Elle était tombée de son nid très tôt, sauvée par ce petit garçon qui était désormais devenu un grand, avait été baguée, destinée à un élevage de corbeaux… Et surtout, elle était elle-même devenue une humaine, ayant eu à deux reprises une opportunité qui se faisait pourtant rare dans cette ville : celle d’avoir un appartement assez rapidement et de décrocher son job à la bibliothèque.

S’obligeant à revenir à elle, son attention se concentra de nouveau sur Sinéad qui semblait désormais perturbé. A quoi pensait-il, cette fois ? Amber ne préféra pas faire d’hypothèses : elle s’était déjà trompée la première fois… Alors elle se contenta de l’observer, silencieuse. De toute manière, elle ne pouvait qu’être silencieuse… Et quand bien même elle voulait communiquer par croassements, cela ne mènerait à rien. Autant rester sagement là pendant qu’elle le pouvait.

- Merde. Quel con...

Penchant légèrement la tête sur le côté, Amsbesis l’interrogea du regard : apparemment, ses pensées semblaient être importantes… La première chose qui lui revint fut les phrases prononcées par la présentatrice du journal, tout à l’heure. Oui, ça devait être ça… Il devait probablement repenser au drame. Une vague de questions déferla alors dans son esprit : comment était-ce arrivé ? Etait-il seul dans la maison lorsque ça avait eu lieu ? Amber regarda tout autour d’elle : personne… Même pas sa mère, la personne la plus proche de lui. Où était-elle ? Le corbeau leva de nouveau les yeux sur Sinéad, un peu inquiète. Non, si elle y était restée, il ne serait pas dans cet état… A moins qu’on ne lui ait pas dit ? Non… Il serait quand même plus tourmenté que ça. Elle devait simplement être ailleurs au moment où le feu s’était déclaré… En tout cas, elle l’espérait. Quelle que soit la réponse, ou plutôt les réponses, elle ne pourrait pas les obtenir… On ne discute pas avec un corbeau comme on le fait avec un être humain, cela va de soi… Pendant un instant, Amb’ s’en voulut d’être venue lui rendre visite sous cette forme… Pour rapidement se ressaisir. Elle n’en aurait pas su davantage en se pointant en humaine. Il ne la connaissait pas… Pourquoi aurait-il livré ces informations à une inconnue ? De toute manière, elle doutait avoir eu assez de courage pour lui adresser la parole…

- Aiiie...

Le corbeau faillit lever ce qu’elle croyait être ses bras pour empêcher Sinéad de faire tout mouvement, mais s’abstint subitement : mine de rien, il y avait d’énormes inconvénients à être un animal… Elle ne pouvait pas explicitement dire ce qu’elle pensait ou ce qu’elle essayait de faire, et quand bien même elle le ferait par écrit, avec ses serres, cela paraîtrait extrêmement étrange… Elle était même quasiment certaine de finir dans un laboratoire et d’y mourir sous une multitude d’expériences menées sur elle…

« Arrêtes de bouger dans tous les sens, Sinéad… » se contenta-t-elle de penser, faute de pouvoir faire autre chose.

Comme s’il avait perçu ses pensées, il le fit, reposant doucement ses mains à côté de lui. Amber dissimula une légère anxiété : et si c’était le cas ? Avec ces Auras aux dons plus incroyables les uns que les autres, plus rien ne l’étonnait… Mais il aurait certainement répondu s’il l’avait vraiment entendue. Elle se concentra un instant pour faire ressortir le halo qui entourait Sinéad : il était rouge. Pas rouge sang, non. Rouge velours, rouge rassurant… On avait simplement envie de s’y perdre.

- T'es spécial toi. T'as été dressé ? Tu comprends certains mots ? .. Genre si je te dis.. Va là bas !

Elle cessa de se focaliser sur l’Aura pour se répéter la phrase plusieurs fois dans sa tête. « T’es spécial toi »… « Tu comprends certains mots ? »… Ah, s’il savait… On dit que les murs ont des oreilles, mais les animaux aussi peuvent être de véritables pièges à découvertes ! D’autant plus que si elle le souhaitait, elle pouvait tout raconter ensuite… Mais cela jouerait en sa défaveur, pour sûr. Il n’y avait aucun intérêt à cela.

Tout cela ne réglait pas son principal problème : devait-elle lui obéir ou le prendre pour un imbécile ? Dans les deux cas, il y avait un avantage : si elle lui obéissait, il la prendrait probablement plus au sérieux… Mieux encore, il la protégerait. Dans le deuxième cas, elle pourrait en savoir un peu plus sur lui sans qu’il ne se rende compte qu’il était bien trop bavard…

Ce fut son besoin de protection qui choisit à sa place : elle faillit marcher comme elle le faisait sous forme humaine, se ravisa et se mit à sautiller jusqu’à l’endroit que lui indiquait Sinéad. Et voilà, c’était fait… Amber réalisa qu’un autre avantage s’ajoutait à sa liste : il ferait désormais attention à ce qu’il lui dirait… Peut-être que ça l’empêcherait de mal dormir la nuit. Dans le cas échéant, il la prendrait pour confidente, pensant qu’elle ne pourrait pas parler… Et là, c’était très mauvais.
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Jeu 14 Mar - 8:43

Le doigt toujours levé, Sinéad regardait, incrédule, le corbeau sautiller en sa direction. C’était bel et bien un animal dressé.
Le jeune homme se redressa légèrement pour soulager ses blessures, tout en regardant l’oiseau noir revenir. Décidément, ce corbeau n’avait rien de banal.

- C’est qui ton maître ? Qui t’a dressé ?

Sinéad pensait à voix haute. Évidemment que l’animal n’allait pas lui répondre. Mais il avait bien envie de savoir à qui ce corbeau appartenait, rencontrer son maître. Puis la compagnie du corbeau était agréable, surtout qu’il n’avait pas grand-chose à faire dans cet hôpital mis à part regarder la télé.
Puis une idée lui traversa l’esprit. Les dresseurs nourrissaient leurs animaux pour les récompenser des tours qu’ils effectuaient. S’il nourrissait le corbeau, peut-être qu’il reviendrait la prochaine fois ? Ça lui paraissait être une bonne idée. Il regarda autour de lui et vit, sur la table de chevet, un plateau repas laissé à son attention. Son ventre lui rappela alors qu’il n’avait pas mangé et qui avait toujours très faim. Mais le corbeau pouvait partir à tout moment, et Sin’, qui aimait bien sa présence, était aussi curieux de savoir quels autres tours il pouvait exécuter. Il attrapa donc le morceau de pain sur le plateau et le brisa en deux. Il en récupéra les miettes dans sa paume et les tendit au corbeau. Est-ce que les corbeaux mangeaient des miettes de pain aussi ?... C’était plus qu’un simple pigeon. Alors il retira sa main et déposa les miettes sur le plateau. Il attrapa le couteau, surveillant l’oiseau du regard, et coupa des petits bouts de la pêche qui y était posée. Il les prit au creux de sa paume et les tendit à l’oiseau.

- Et ça ? Tu dois manger non ?

Attendant sa réaction, il se dit que lui-même aurait bien mangé les morceaux. Il les regardait un peu avec envie. De toute façon il mangerait bientôt, alors il patienta. Et puis il avait une assiette bien remplie qui l’attendait. Certes de la nourriture d’hôpital, mais cela restait plus que mangeable. Et il était affamé.

- Je me demande bien ton plat préféré… Ça serait surement pas un steak frites, Hahaha ! Quoique ça existe les oiseaux carnivores. T’es un animal carnivore toi ?

Sinéad le fixa d’un regard perçant.

- Tu comptes pas me manger la main j’espère ! Je suis peut-être blessé mais j’peux encore me battre p’tit oiseau !

Sinéad sourit. Comme si l’oiseau avait l’intention de se battre. Il ne comprenait même pas la moitié de ce qu’il racontait de toute façon. Il tendit son bras sur le coté et ramena à sa bouche le morceau de pain qu’il avait coupé juste avant.

- Mh… Ch’aurais bien aimé ‘voir des chailes moi auchi. Cha doit être achement prachtique en plus. Enfin faut faire gaffe aux ventilos.

Il pointa son doigt vers le plafond, montrant les hélices qui tournaient à un rythme régulier.

- Et toi, vu comment tu te prends les fenêtres, les ventilos tu risques de pas aimer ! … D’ailleurs pourquoi tu t’es pris la fenêtre ?

Sinéad se rappela de la cicatrice qu’il avait vaguement remarquée lorsque l’oiseau avait étendu ses ailes.

- T’es blessé, c’est ça ! C’est pour ça que tu décolles pas. Tout s’explique ! Alors bienvenue au club. Là tu vois c’est un hôpital. On peut dire que t’es bien tombé parce que c’est fait pour guérir les gens !... Enfin je sais pas s’ils prennent en charge les corbeaux, je demanderais. Au pire je m’en occuperais. Je sais faire, quand j’étais petit j’ai…

Sa phrase lui fit l’effet d’un déclic. C’était ça ! Le regard ambrés, c’était le même que celui de l’oisillon qu’il avait recueilli étant gosse ! Sinéad se pencha un peu vers le corbeau.

- Alors t’es de la même espèce… J’savais pas. En même temps ça fait que deux fois que je vois un corbeau avec les yeux un peu dorés.

Cependant une idée folle et impossible hantait l’esprit de Sin’. Ce corbeau avait une cicatrice au même endroit que la blessure de l’oisillon. Enfin sur la même aile en tout cas. De pouvait-il que… Ce soit le même ? Et qu’il l’ait reconnu ? Non absurde. En plus le corbeau avait été donné à un vendeur animalier. Il s’en souvenait, ça l’avait choqué à l’époque. C’était comme si on avait vendu son ami d’enfance. Non, c’était absurde.
Doucement, pour ne pas trop ni déranger, ni faire fuir l’oiseau, il dirigea son doigt vers l’aile. Il avait dans l’idée de l’écarter légèrement ou de lui faire déployer ses ailes. Au moins comme ça il serait fixé.

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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Jeu 14 Mar - 19:35

Le regard dubitatif que lui porta Sinéad lorsqu’elle fit le déplacement jusqu’à l’endroit indiqué l’amusa. Il avait l’air de ne pas en revenir… Eh bien quoi ? Quel était le problème ? Les animaux de compagnie apprenaient des tours… Ceux de spectacle aussi ! Combien d’enfants étaient restés admiratifs devant les saltos rythmés d’un dauphin ou la danse d’un éléphant ? Beaucoup. Et il y en aurait toujours. Alors qu’y avait-il d’étonnant à ce qu’un corbeau puisse simplement comprendre le fait de devoir se rendre à un lieu désigné ? Ca n’avait absolument rien de spectaculaire, contrairement aux exploits de certaines autres espèces…

Elle revint de la même façon près de Sinéad, levant sa petite tête pour l’observer. Il semblait toujours étonné quant à sa capacité à le comprendre… Finalement, il y avait un bon côté à être un animal capable de se transformer à sa guise.

- C’est qui ton maître ? Qui t’a dressé ?

Comme si elle avait eu besoin d’être dressée pour apprendre à marcher d’un endroit à un autre… Elle faillit rouler des yeux sous l’absurdité des paroles de Sin’. En même temps, si cela paraissait bête à ses yeux, ça l’était bien moins à ceux du jeune homme : il devait partir du principe qu’elle n’avait pas d’intelligence indépendante… Que si elle savait réagir à ses gestes et à ses paroles, c’était uniquement parce qu’elle avait été domestiquée. Dans un sens, il n’était pas bien loin de la vérité… Mais disons qu’elle avait plutôt été « humanisée ». Tant bien physiquement que mentalement… Cependant, le mental primait sur tout ; elle en avait la preuve ici-même, étant obligée de se contrôler pour garder une attitude digne d’un corbeau tout à fait banal.

Soudain, Sinéad se pencha légèrement sur le côté pour saisir… Un plateau ? Non, ce qu’il y avait dedans. Un bout de pain. Visiblement, il avait un petit creux, à moins que… Elle l’observa couper le morceau en deux, puis récupérer la mie qu’il broya entre ses mains pour la lui tendre. Comment ? Il l’invitait à manger ?... Certes elle l’avait déjà fait, étant plus jeune, et ce, sans aucune hésitation. Mais les choses n’étaient plus pareilles, désormais… Et autant dire que picorer dans les mains d’un humain lui semblait être une idée totalement incongrue. D’autant plus que ces mains appartenaient à Sinéad… Et alors ?

Finalement, le jeune homme reposa les miettes dans le plateau. Peut-être avait-elle trop tardé à choisir ? Quoi qu’il en soit, ça l’arrangeait : elle n’avait plus à faire le choix, cette fois-ci. Bientôt, Amber remarqua que Sinéad avait de nouveau saisi autre chose. En fait, deux autres choses… Un couteau et un objet rond et orangé… C’était une simple pêche.

« Oh… » pensa le corbeau, réalisant que s’il avait posé ses miettes de pain, c’était uniquement pour lui donner autre chose de plus consistant… Ca allait être plus difficile pour elle de refuser, cette fois-ci… D’ailleurs, elle n’avait pas eu le temps de manger, et son ventre commençait légèrement à gargouiller, surtout à la vue du fruit. Sinéad plaça justement les morceaux de celui-ci dans sa paume qu’il lui tendit. Hmmm, tentant…

- Et ça ? Tu dois manger non ?

« Evidemment ! » songea-t-elle en s’approchant encore un peu de Sinéad, afin d’aller chercher un morceau de pêche qu’elle avala tout rond et sans aucune difficulté. Etrangement, ce petit extra suffit à la rassasier… Elle en avait pour quelques heures avant d’avoir à nouveau faim. Elle laissa donc l’autre bout du fruit… Et vu la façon dont le regardait Sin’, elle jurait qu’il n’allait pas faire long feu.

- Je me demande bien ton plat préféré… Ça serait surement pas un steak frites, Hahaha ! Quoique ça existe les oiseaux carnivores. T’es un animal carnivore toi ?

Tiens, d’ailleurs… Quel était son plat préféré ? La gastronomie humaine était bien différente des petits rongeurs et des carcasses dont elle s’était nourrie durant de nombreuses années ; elle était disons… Plus variée ? Oui, c’était cela : tellement variée qu’Amsbesis ne pouvait pas vraiment déterminer ce qu’elle préférait pour le moment. Elle avait encore tant de plats à découvrir ! Amusée, elle imagina la réaction qu’adopterait Sinéad si elle lui donnait la réponse en ce moment-même… Non seulement la voir parler allait probablement le choquer, mais le fait qu’elle aime les frites accompagné d’un steak le terrasserait.

Croisant de nouveau le regard du jeune homme, Amber s’arrêta brutalement de penser : il semblait la sonder. C’était étrange cette façon qu’il avait de la fixer… Assez perturbant, même.

- Tu comptes pas me manger la main j’espère ! Je suis peut-être blessé mais j’peux encore me battre p’tit oiseau !

Elle faillit éclater de rire, ne s’attendant absolument pas à une telle déclaration : décidément, il était imprévisible dans ses réactions… Cela faisait déjà deux fois qu’il la surprenait ! Elle se contenta alors d’afficher un léger rictus amusé. En fait, elle se sentait bien en sa présence, même sous cette forme un peu contraignante… Elle aurait aimé communiquer et pouvoir rire à ses délires… Pourquoi pas même les partager ! Son espèce de sourire s’estompa progressivement pour laisser place à un air plus triste : serait-ce un jour possible qu’elle le croise sous sa forme humaine ? Ferait-il le lien entre cette dernière et sa morphologie actuelle ?... En réalité, c’était le seul obstacle qui les séparait. Enfin, si on ne prenait pas en compte le fait qu’elle ne subissait pas le temps en humaine…

Plongée dans ses pensées, elle ne se rendit même pas compte que Sinéad s’était emparé du bout de pain vidé de sa mie et avait croqué dedans.

- Mh… Ch’aurais bien aimé ‘voir des chailes moi auchi. Cha doit être achement prachtique en plus. Enfin faut faire gaffe aux ventilos.

Et s’il n’y avait que ça ! Effectivement, ses ailes lui servaient énormément… Et puis, même si voler était quelque chose de naturel chez elle, ça n’en était pas pour le moins magique. Pouvoir se sentir supérieur au monde, le voir dans sa quasi-globalité, juste en dessous de soi… C’était un spectacle dont peu de personnes pouvaient profiter. Certes, les humains avaient la possibilité de se déplacer en avion ou en hélicoptère… Mais ce n’était pas la même chose que de voler se ses propres ailes, porté par le vent. Il n’y avait pas cette même sensation de liberté. Quant aux ventilateurs… Ce n’était pas le principal danger. Ce qui l’était vraiment, c’était l’inattention : il fallait savoir maîtriser ses mouvements à la perfection. Les arbres, les voitures, les bâtiments, les personnes, les animaux, les intempéries… Tout cela pouvait être source de danger, voire même de mort. Un faux pas et s’en était fini…

Brièvement, Amber leva les yeux sur le ventilateur qui tournait lentement, oubliant complètement que son simple agissement montrait qu’elle avait compris le sens de la phrase. Non, décidément, cette chose était loin de représenter une menace…

- Et toi, vu comment tu te prends les fenêtres, les ventilos tu risques de pas aimer ! … D’ailleurs pourquoi tu t’es pris la fenêtre ?

« Pour le plaisir. » pensa ironiquement Amber, jetant un bref coup d’œil vers la fenêtre, avant d’être de nouveau surprise par la déclaration soudaine de Sinéad.

- T’es blessé, c’est ça ! C’est pour ça que tu décolles pas. Tout s’explique ! Alors bienvenue au club. Là tu vois c’est un hôpital. On peut dire que t’es bien tombé parce que c’est fait pour guérir les gens !... Enfin je sais pas s’ils prennent en charge les corbeaux, je demanderais. Au pire je m’en occuperais.

Elle fut presque touchée par toute l’attention que lui portait Sin’. Finalement, il n’avait pas tant changé… Et c’était un bon point. Cela ne faisait que consolider son idée de rester ici un petit instant. Tant pis pour sa fenêtre ouverte, elle était davantage à sa place ici… Enfin, c’est ce qu’elle ressentait.

- Je sais faire, quand j’étais petit j’ai…

Amsbesis eut un soubresaut lorsqu’il évoqua son enfance. Inconsciemment, il s’en souvenait ! Il ne l’avait pas oublié ! Elle sentit son cœur s’alléger. Comment une telle nouvelle pouvait lui faire autant de bien ? Pourquoi, surtout ?... Probablement parce qu’il s’agissait de la seule personne qui ait vraiment compté pour elle… C’était même sûr et certain. Il était celui qui comptait le plus pour elle. Pas bien difficile à la vue de ses actuelles relations, en même temps… Sinéad se pencha vers elle. Evidemment, elle n’eut aucune réaction mis à part plonger ses yeux dans les siens.

- Alors t’es de la même espèce… J’savais pas. En même temps ça fait que deux fois que je vois un corbeau avec les yeux un peu dorés.

Elle n’était pas seulement de la même espèce… Amsbesis suivit le mouvement de la main de son « interlocuteur » : elle se dirigeait droit sur elle. Sachant pertinemment qu’elle ne craignait rien, elle se laissa faire. Elle sentit de nouveau les doigts de Sinéad se poser contre son dos, puis sur son aile… Il força un peu. Cherchait-il à vérifier quelque chose ? Amber ne s’opposa pas ; au contraire, elle ouvrit légèrement l’aile marquée par la longue cicatrice. Si cela pouvait le conforter dans l’idée qu’il s’agissait bien d’elle, c’était plus que nécessaire.

Soudain, une sombre pensée la traversa, la faisant retomber dans un certain chagrin. Il faudrait qu’elle retourne à sa vie, à sa forme humaine. Quand bien même elle voudrait rester auprès de lui, elle ne le pourrait pas : c’était trop risqué… Et elle avait une situation stable, elle ne devait pas oublier cela. Que deviendrait-elle lorsque Sinéad n’aura plus besoin d’elle ? Probablement qu’elle retournerait à la liberté, ou pire encore, en élevage. Et elle aurait simplement tout perdu…

Une seule solution s’offrait à elle, tel un compromis risqué : faire sa rencontre… Sous sa forme humaine.
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Mar 19 Mar - 19:04

(Scuse la qualité de la fin, j'suis hs ! Je verrais demain si j'édite pour améliorer ça x))

Sinéad savait qu'il avait raison. Il le sut avant même de voir la cicatrice. Comment se pouvait-il qu'il croise une deuxième corbeau avec les yeux dorés, alors que parmi tous ceux qu'il avait cherché aucun n'avait d'autre qui avait ces yeux. Noirs, presque bleus parfois... Tirant sur le rouge.. Mais jamais d'un doré comme ça.
A l'apposition de son doigt, l'oiseau déploya ses ailes. On y voyait clairement la cicatrice par le manque de plume. Elle avait la même forme que dans ses souvenirs. Les lèvres de Sinéad s'étirèrent légèrement dans un petit sourire. Et si c'était vraiment le même oiseau ? L'avait-il reconnu ? Était-ce pour ça qu'il était venu s'écraser contre la fenêtre alors qu'il ne pouvait plus voler ? Non c'était stupide de le croire. D'autant plus que les oiseaux avaient une espérance de vie bien plus courte que les humains, or cet oiseau ne semblait pas tellement vieux. Et, même s'il l'avait trouvé oisillon, il aurait du être plus grand.

De nouveau, Sin' tourna sa tête vers l'oiseau. Il avait baissé la sienne. Il semblait.. Triste ? Un oiseau pouvait-il être triste ? Bien sur ! C'était évident pour lui.

- T'en fais pas. Tu revoleras bientôt ! Ça se répare les blessures. En plus personne te mangera ici, les animaux sont interdits.

Le jeune homme ignorait totalement qu'il se trompait sur toute la ligne, pourtant, ça ne l'empêchait pas d'afficher un large sourire en regardant l'oiseau. … Une minute. Si les animaux étaient interdits... Alors ça voulait dire que... L'oiseau ne pouvait pas rester là. Sinéad jeta un regard en direction de la porte.
Tant qu'il n'y avait personne, le corbeau pouvait rester sans soucis. Mais si une infirmière venait à arriver... Peu importe, ce n'était pas le cas. Il regarda le corbeau à nouveau. Tiens, justement. N'avait-il pas de nom ?

- Dommage que tu puisses pas parler, sinon tu m'aurais dit ton nom. Tant pis. Je choisirai moi même ton nom. Huuum...

Cherchant du regard quelque chose qui pourrait l'inspirer, le jeune homme fixa le corbeau. Son plumage.. Non, quelque chose en rapport avec sa couleur des yeux. Oui c'était mieux, ça correspondait plus. Ou alors par rapport à ses habitudes à se crasher ? Ou à sa cicatrice... Non ce n'était pas très valorisant. Alors pourquoi pas... Non. Pas de nom composé. Plutôt... Quelque chose à quoi puisse lui faire penser le doré.

- Lux. Comme la lumière en latin. Quoique avec tes plumes on dirait la nuit. Nox ?... Je sais ! Luna. Comme la lune au milieu de la nuit. .. Ouais mais la lune est pas dorée. Raah... Bon tant pis. Je trouverai plus tard. Pour le moment tu seras « le corbeau ». Jusqu'à ce que je trouve.

Sinéad posa son regard sur le corbeau pour voir s'il était d'accord. Cependant il entendit la poignée de la porte se tourner. Il jeta la couverture, légère, au dessus de l'oiseau pour le cacher, gardant une jambe dessous pour tenir un espace autour de celui-ci. Il espérait qu'il ne bougerait pas ou qu'il ne paniquerait pas. Même les animaux domestiques avaient leurs limites... Mais certains oiseaux s'endormaient quand on les recouvrait d'un drap. Pour eux c'était l'équivalent de la nuit qui tombait.

- Tu t'es réveillé ? Comment vas-tu alors ?

Sinéad resta interdit une seconde, réfléchissant. Comment il allait ?...

- Bien. Enfin j'ai un peu mal mais je peux bouger.

Le voyant assis et qu'à moitié sous les draps, l'infirmière se douta qu'il n'était pas resté allongé depuis son réveil.

- Tu ne devrais pas trop bouger. Et manger un peu. On a prévenu tes parents, ils devraient arriver bientôt.

Ses parents ? Elle voulait sûrement parler de sa mère, puisque son père était mort depuis.. Longtemps. Peu importait. Il n'avait pas voulu déranger sa mère, surtout en plein travail, mais maintenant que c'était fait. Elle s’inquiéterait sûrement tout le long du voyage...

- Si tu as besoin de quelque chose, tire la corde sur ta gauche.

Et l'infirmière partit aussi vite qu'elle était venue. Sinéad enleva aussitôt la couverture pour voir où était passé l'oiseau.
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Jeu 21 Mar - 16:39

Il y eut un petit moment de silence, petit moment que s’accorda Amber pour observer celui qui fut un jour à la fois son ami et son maître : lui-aussi la regardait. Quelque chose virevoltait dans ses yeux, mais elle n’arrivait pas à définir quoi… De la gaieté, de l’excitation ? En tout cas, c’était quelque chose de positif, vu le sourire qui s’était dessiné sur les lèvres du jeune homme. Elle était contente de constater qu’il avait conservé cette joie de vivre, malgré les problèmes auxquels il avait été confronté en étant enfant et probablement par la suite…

Amber finit par baisser la tête, un peu nostalgique. Elle se rendait compte qu’elle ignorait tout de lui depuis qu’elle avait été placée dans cet élevage à corbeaux... Bon, les informations passées à la télévision avaient confirmé qu’il habitait toujours au même endroit, mais c’était tout ce qu’elle savait… Autrement dit, très peu.

« J’en saurais davantage une fois que j’aurais trouvé le moyen de le rencontrer sous ma forme humaine. » se jura-t-elle, le regard songeur.

- T'en fais pas. Tu revoleras bientôt ! Ça se répare les blessures. En plus personne te mangera ici, les animaux sont interdits.

Les paroles de Sinéad l’obligèrent à relever la tête et à reporter son attention sur lui : Avait-il – de nouveau – remarqué qu’elle était tourmentée ? La clairvoyance du jeune homme l’impressionnait, cela faisait déjà plusieurs fois qu’il parvenait à interpréter ses moindres faits et « gestes »... Au moins, une chose était sûre : il ne lisait pas dans les pensées. Sinon, il aurait su la véritable raison de son désarroi… Ah, c’était certain que cela serait plus simple si elle pouvait ne serait-ce que lui parler ! Mais ce serait contre ses règles de conduite… Du moins, celles qu’elle s’était instaurées, pour son bien. Si elle les transgressait, qui savait comment il allait réagir… Et comment elle allait finir !

- Dommage que tu puisses pas parler, sinon tu m'aurais dit ton nom. Tant pis. Je choisirai moi même ton nom. Huuum...

C’était entre-autres l’un des inconvénients à ne pas pouvoir parler : Sinéad pouvait l’appeler Gertrude, Jean-Gérard ou Gilbert, elle ne pourrait pas s’opposer à cela. D’ailleurs, savait-il au moins qu’elle était une femelle ?... Il ne l’avait jamais appelée autrement que « le corbeau » ou, lorsqu’il en avait envie, « le corbeau aux yeux dorés ». Disons qu’il s’agissait-là d’une petite marque d’affection… Il prenait en compte son unicité et de ce fait, la mettait sur un piédestal par rapport à ses autres congénères… Enfin, c’était ce qu’elle se plaisait à croire.

Amber remarqua que le jeune homme était en train de l’épier du regard. Que cherchait-il ? Un nouveau détail ? A moins qu’il ait remarqué une nouvelle étrangeté… Non, visiblement, c’était autre chose. Mais quoi ?

- Lux. Comme la lumière en latin. Quoique avec tes plumes on dirait la nuit. Nox ?... Je sais ! Luna. Comme la lune au milieu de la nuit. .. Ouais mais la lune est pas dorée. Raah... Bon tant pis. Je trouverai plus tard. Pour le moment tu seras « le corbeau ». Jusqu'à ce que je trouve.

Il cherchait simplement un nom à lui attribuer. Nom qui, finalement, fut le même que celui qu’elle porta il y a de cela quelques années. N’empêche qu’elle aimait beaucoup Luna… Ca avait quelque chose de mystérieux. Voyant qu’il continuait à la fixer, « le corbeau » répondant au véritable nom d’Amsbesis s’ébroua, ses plumes noires se redressant sur sa peau.

Tandis qu’elle songeait à la façon dont elle allait s’y prendre pour le recroiser sous forme humaine, la porte de la chambre s’ouvrit. Elle avait presque oublié qu’elle était actuellement dans un hôpital… Elle avait presque oublié que Sinéad venait d’échapper de peu à un incendie… Elle avait totalement oublié que l’heure passait, et qu’il était peut-être temps pour elle de sortir de son cocon rassurant et de rentrer chez elle. Tout ce qui comptait pour elle à cet instant, c’était qu’elle retrouvait un peu d’elle, de sa vie, de ses jours innocents… Et que tout ça était grâce à la présence de Sinéad.

Amber n’eut pas le temps de réagir que déjà elle fut recouverte du drap blanc dont l’odeur était un mélange de lessive et de chambre d’hôpital… Quelque chose qu’elle n’appréciait pas vraiment, d’autant plus avec son odorat plus sensible. Elle se figea lorsqu’elle entendit une voix qui lui était totalement inconnue s’élever :

- Tu t'es réveillé ? Comment vas-tu alors ?

Son cerveau se remit lentement à fonctionner. Elle était dans un hôpital, et dans un hôpital, il y avait forcément des infirmières. C’était donc l’une d’elles qui venait aux nouvelles… En tout cas, la façon qu’elle avait de s’adresser à Sinéad n’était pas celle d’une mère en panique, c’était simplement la conclusion qu’elle en tirait.

- Bien. Enfin j'ai un peu mal mais je peux bouger.

Amber grimaça. Encore une chose qu’elle avait oublié… Il était blessé. Mais pouvait-elle faire quelque chose ? Il lui semblait que sa simple présence avait suffi à apaiser ses douleurs, ou en tout cas à les lui faire oublier un peu.

- Tu ne devrais pas trop bouger. Et manger un peu. On a prévenu tes parents, ils devraient arriver bientôt.

Ses parents ?... Il lui semblait pourtant que Sinéad avait perdu son père il y a bien longtemps. C’était ce qu’il lui avait raconté, étant enfant… A moins que sa mère ait retrouvé quelqu’un ? Ce qui était probable, dans un sens. Après tout, elle ne pouvait pas passer sa vie à se lamenter sur son sort – ou plutôt sur celui de son mari. Il fallait bien qu’elle profite de ses jours, qu’elle passe à autre chose… La perte est toujours difficile mais la relance possible.

- Si tu as besoin de quelque chose, tire la corde sur ta gauche.

Amsbesis entendit la porte se refermer de nouveau. Ca y était, elle était partie ?... Le retrait de la couverture ne fit que confirmer son hypothèse. Sinéad était là, à la chercher des yeux ; mais elle n’avait pas bougé. Pourquoi le ferait-elle ? Par nécessité, probablement…

Brièvement, elle leva ses yeux ambrés sur le jeune homme, puis les détourna vers la fenêtre. Le ciel était désormais totalement noir. Combien de temps était-elle restée là ? Elle l’ignorait… Mais il était temps qu’elle sorte de sa torpeur. Avant qu’elle ne se perde. Avant qu’elle ne fasse une bêtise.

C’est à contrecœur qu’elle tendit les ailes pour prendre son élan et planer jusqu’au rebord de la fenêtre. Elle se tourna vers Sinéad, attendant qu’il lui ouvre… Mais peut-être que lui non-plus n’avait pas envie qu’elle parte ? De toute manière, ils n’avaient pas le choix. Elle ne pouvait pas rester, et ce pour différentes raisons toutes aussi valables les unes que les autres. L’interdiction des animaux ici, le risque qu’elle veuille rester avec lui au dépend de son identité humaine, et la plus importante, le fait qu’elle puisse, inconsciemment, faire une gaffe à propos de ses métamorphoses…

Elle s’interdit d’être triste. Elle trouverait la solution… Elle resterait auprès de lui à sa manière. Maintenant qu’elle l’avait retrouvé, elle ne comptait pas l’abandonner de sitôt.
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]   Sam 23 Mar - 17:17

L'oiseau n'avait donc pas bougé. Le calme de celui-ci impressionnait Sinéad. Il n'était ni assoupit comme il aurait pu s'y attendre, ni agité à l'idée d'avoir été enfermé... L'oiseau était juste immobile et le regardait. Puis il tourna la tête pour regarder la fenêtre, Sinéad suivit son regard.
Il faisait déjà nuit noire. Le soleil avait du se coucher depuis quelques minutes, et il savait que le nuit pouvait tomber très vite. Cependant les oiseaux volaient rarement de nuit, parce que d'autres rapaces nocturnes sortaient chasser. Sinéad se surpris à s'inquiéter pour l'oiseau. Comment ferait-il pour rentrer ? Habitait-il loin ? Saurait-il voir assez dans la nuit ? N'était-il pas trop blessé pour pouvoir s'envoler ?... Après tout c'était un animal dressé, et ils avaient plus de mal à traîner dans la nature que les autres... Et si c'était bien le corbeau qu'il avait recueilli étant petit... Alors il avait passé toute sa vie en « captivité ». A moins que ce n'était son dresseur qui s'en soit toujours occupé. Dans tous les cas, il ne pouvait pas non plus le retenir ici contre son gré. L'oiseau devait en penser de même, car il déploya ses ailes pour s'envoler sur le rebord de la fenêtre... Il n'était donc pas blessé et pouvait parfaitement encore voler. Pourquoi était-il resté si calme alors ? Un oiseau pouvait-il être si parfaitement dressé ? Il n'y connaissait pas grand chose, mais pour lui c'était incroyablement impressionnant.
Sinéad lança ses jambes hors du lit. Le frottement de sa peau brûlée contre le tissu lui arracha une grimace, pourtant il se leva. Il n'allait pas resté infirme à cause de quelques brûlures ! Regardant en biais l'oiseau, il se dirigea vers la fenêtre pour l'ouvrir. Une fois l'un des battants ouverts, il se tourna face à l'oiseau. En vérité il n'avait pas envie de le laisser partir, il était un peu égoïste. Mais ce choix ne lui appartenait pas vraiment. Et même si l'oiseau avait peur ou semblait triste, il fallait bien qu'il rentre chez lui non ?

- Les animaux sont interdits ici, faut que tu t'en ailles.

Il vit l'oiseau sautiller vers le rebord extrême de la fenêtre, se pencher pour regarder le vide en dessous. Visiblement il surveillait ce qu'il y avait dessous, pour prendre son envol sûrement ? Sinéad avait raison, car pendant qu'il réfléchissait, l'oiseau piqua dans le vide, chutant sur plusieurs mètres, prenant de la vitesse. Les secondes s'écoulaient lentement, Sinéad ouvrait grand les yeux pour arriver à le suivre dans la nuit. Que faisait-il ? Pourquoi n'avait -il simplement pas décollé comme il l'avait fait du lit ? Quand soudain le corbeau déploya ses ailes pour reprendre vivement de l'altitude, porté par un courant ascendant que ne voyait pas Sin'. Il soupira de soulagement avant de crier à la fenêtre.

- Et fais attention en rentrant !
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Comme chez Soi (Part. 2) [Terminé]

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