The Lying Truth

« Les apparences sont trompeuses. Rien n'est vraiment ce qu'il semble être. »
 
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 Comme chez Soi [Solo|Terminé]

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MessageSujet: Comme chez Soi [Solo|Terminé]   Mer 27 Fév - 18:48

Le Soleil entreprenait sa descente vers l'horizon lorsque la jeune femme quitta son lieu de travail, comme à son habitude.
C'était un jeudi, à six heures et demi. Un jeudi on ne peut plus banal.
Tête légèrement inclinée vers l'avant, les yeux discrètement levés pour voir les éventuels obstacles qui pouvaient lui barrer la route, la dénommée Amber marchait d'un pas souple et léger sur le trottoir, dans la direction qu'empruntait chacun des Hommes. Puisque c'était ce qu'elle était désormais. Une humaine.

A vrai dire, elle n'avait pas trop eu de mal à se faire passer pour l'un d'eux. Elle se fondait dans la masse avec sa taille moyenne, sa démarche tout à fait normale, ses cheveux sombres et sa longue veste noire parfaitement taillée, dont les extrémités de la ceinture retombaient près de ses hanches. Elle portait aussi un sac en bandoulière, contenant le peu de ses affaires personnelles : entre autres, un porte-monnaie et quelques livres qu'elle avait emprunté à la bibliothèque. Ces derniers lui avaient paru intéressants, et comme son statut d'employée lui donnait le droit d'emporter des ouvrages chez elle sans avoir à les réclamer, elle en profitait. Et puis, ça lui faisait passer le temps...

Combien de jours s'étaient écoulés depuis son arrivée sous forme humaine à Eden ? Combien de mois, en réalité ?... Cela faisait déjà un petit bout de temps qu'elle avait cessé de compter. Ca ne rimait strictement à rien... En fin de compte, elle avait simplement renoncé à une forme de liberté pour une nouvelle, qui lui semblait plus sûre. Régie par de nouvelles règles, mais plus sûre. Au moins ici, elle ne risquait pas à tout moment de finir entre les crocs d'un prédateur, ou pire encore, d'être tuée par un chasseur... De toute manière, qu'est-ce qui la retenait à sa forme originelle ? Absolument rien. Elle n'avait pas de famille, et nullement l'intention d'en créer une. S'il y avait une personne qu'elle souhaitait retrouver, c'était bien...

- Hey ! Fais gaffe où tu marches !
- Excusez-moi...


Amber venait de maladroitement heurter un passant. Quelle idée de marcher dans le sens inverse, aussi ?... Elle reprit son chemin tout en se massant l'épaule, tournant légèrement la tête pour entendre l'illustre inconnu continuer à pestiférer dans sa petite bulle. Non, décidément... Que ce soit dans la Nature ou ici, elle ne se ferait pas si facilement des amis. Des connaissances, ça elle en avait... Mais elle était bien trop distance pour entamer une quelconque relation avec qui que ce soit. Et c'était tant mieux... Comme ça, elle ne prenait pas de risques à faire découvrir sa vraie identité... Celle d'Amsbesis le Corvus Corax.

La jeune femme atteignit un coin de la ville plus silencieux. Il se situait à proximité du quartier chaud portant le nom de Roosevelt, mais n'était pas assez proche pour être touché par ses problèmes, économiques comme sociaux. Ici, c'était le lieu parfait pour se reposer. Ni trop riche, ni trop pauvre, juste bien pour elle... Et pour preuve, personne, jusqu'à maintenant, n'était encore venu l'embêter.

Amb' parcourut rapidement le parking de son immeuble, calme. Son appartement se situait au troisième étage : pas trop haut, ni trop bas, à sa convenance. Disons qu'elle avait eu cette opportunité au moment de s'installer à Eden : le propriétaire était un vieil homme pour qui la chance avait tourné, et il avait pu quitter cet appartement pour une habitation dans le quartier Lincoln, laissant son ancien logement à Amber pour un prix raisonnable. A croire que la vie humaine était faite pour elle...

Comme à son habitude, après être entrée dans le hall, la jeune femme aux yeux ambrés préféra les escaliers à l'ascenseur : ce n'était pas qu'elle était claustrophobe, mais elle n'avait pas confiance en ces machines, aussi élaborées soient-elles. Amber était l'une de ces rares personnes qui préféraient encore le manuel à la technologie, que ce soit pour lire, pour se déplacer, pour écrire et même pour cuisiner. Elle ne trouvait pas d'intérêt à être doté de muscles et de membres si c'était pour qu'ils ne soient pas utilisés.

A la force de ses jambes, elle se retrouva alors devant la massive porte en bois de son appartement, sur laquelle résidait fièrement un panneau usé portant le numéro 34. Elle fouilla rapidement dans les poches de son manteau pour en sortir les clés qu'elle fit tourner dans la serrure. En poussant la porte, la première vue qui s'offrit à elle fut celle de son petit corridor, ouvrant lui-même sur la fenêtre de son salon.

La pression extérieure qui pesait sur ses épaules sembla l'abandonner à l'entrée, comme si une barrière invisible l'empêchait de la suivre, et elle se sentit plus à l'aise, retirant sa veste et ses chaussures qu'elle rangea dans l'armoire longeant le couloir. Ici, c'était chez elle. Plus encore qu'à la bibliothèque. Personne ne la surveillait, elle était tout à fait libre de ses mouvements et de ses actes. De toute manière, ce n'était pas comme si elle avait une vie très passionnante...

Elle lâcha un long soupir d'aise en se laissant tomber dans le canapé, après avoir allumé la télévision. Oui, elle n'aimait pas spécialement la technologie, mais c'était tout de même un moyen de s'informer plutôt pratique, en soi... Comme d'habitude, les premières choses qui apparurent à l'écran furent les nombreuses pages de publicité. Elle en profita pour attraper son sac - qu'elle avait posé non-loin de là, à l'autre bout du canapé - et en sortir un des livres qu'elle avait emprunté. L'Eternel Voyage de Tania Olsberg. Amber parcourut à nouveau le résumé du regard, mais son attention fut vite captivée par une voix féminine à la télé.

- ... Un feu s'est déclaré aux alentours de midi et quart dans le quartier Lincoln...

Relevant brutalement la tête, Amb' s'empara sauvagement de la télécommande pour augmenter le volume, les yeux rivés sur les images qui défilaient à la télé.

- ... N'a pas fait de victimes, mais un jeune homme, grièvement blessé, a du être transféré à l'Hôpital de...

Amber espérait ne pas rêver. Ou plutôt, elle espérait rêver : ce jardin, cette allée, ces arbres, cette maison... Jamais elle n'aurait pu oublier cela. Jamais. C'était grâce à la famille qui vivait justement dans cette habitation qu'elle avait survécu à sa chute du nid. Alors le jeune homme en question...

Amb' eut un haut-le-cœur. Etait-ce... Sinéad ?!
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MessageSujet: Re: Comme chez Soi [Solo|Terminé]   Mer 6 Mar - 18:19

Les minutes passèrent, et elle resta un long moment à regarder la femme du journal télévisé, les yeux écarquillés, les doigts inconsciemment crispés sur ses genoux. La présentatrice avait beau avoir embrayé sur un autre sujet, Amber était restée bloquée au précédent, sous le choc. Au fond d’elle-même, elle avait toujours espéré avoir des nouvelles de son jeune sauveur, si infimes soient-elles… Mais Ô grand jamais de cette façon. Elle aurait préféré ne rien savoir du tout, rester ignorante, plutôt que d’apprendre ce terrible événement… Pourquoi fallait-il qu’il y ait toutes ces coïncidences ? Elle n’allumait que rarement la télévision, et il n’y avait pas cent mille maisons qui brulaient dans le Quartier Lincoln ! Et comme par hasard, il fallait que ça soit celle-ci

Ce fut la musique annonçant la fin du journal télévisé qui la rappela à la réalité. Un dur choc pour elle, puisqu’elle prit davantage conscience qu’il s’agissait malheureusement d’un fait bien réel… Brièvement, elle accorda un regard à son livre qu’elle avait posé juste à côté d’elle : elle aurait voulu s’y perdre, oublier qu’elle faisait partie d’un monde cruel imposant de multiples épreuves parfois difficilement surmontables… Mais elle ne le pouvait pas. Avant même d’avoir essayé, elle savait que cette histoire la hanterait pendant un bon moment. De toute manière, elle ne pouvait pas agir. Comment pourrait-elle expliquer sa visite à l’hôpital ? Que lui dirait-elle, une fois en face ? Qu’elle avait entendu parler de lui aux infos et qu’elle avait voulu savoir comment il allait, comme ça, tout naturellement ? Et quand bien même elle passerait simplement chez eux… Que dirait-elle aux parents ? Elle ne connaissait absolument pas Sinéad. Et surtout, comment ferait-elle s’ils se rappelaient de la couleur de ses yeux et qu’ils les assimilaient à elle, sous sa forme humaine ?!

Amber tenta de couper le cours de ses pensées, en vain. Questions et souvenirs se bousculaient dans sa tête au point même de lui faire mal. Elle apposa la paume de ses mains contre ses tempes, expirant doucement. Allons, allons, il allait s’en sortir, non ?... Ca ne valait pas une chute de nid, tout de même ?... Elle supplia son imagination de cesser de la tarauder, mais l’image qu’elle se faisait de Sinéad tel qu’il pouvait être maintenant lui apparut brutalement. Allongé dans son lit blanc, couvert d’un tas de fils reliés à des appareils médicaux, le corps rongé par les flammes… Elle parvint de justesse à reprendre le contrôle de ses pensées avant que le bruit strident de la machine cardiaque imaginaire lui résonne dans la tête.

Comme le feu l’atteignant aussi, la jeune femme sentit sa température monter, à la fois d’angoisse et de colère. D’angoisse, parce qu’elle ne savait pas à quel point il était blessé, et qu’elle ne le saurait probablement jamais. De colère, parce qu’elle ne pouvait pas agir, compte tenu de sa situation envers Sinéad et sa famille. Amb’ se leva vivement du canapé, chancela jusqu’à la fenêtre pour l’ouvrir, ayant besoin d’une grosse bouffée d’oxygène. Elle inspira la bouche ouverte, puis la referma, soufflant longuement par le nez. La ville semblait bien paisible vue d’ici… La lune veillait sur elle, et les bruits environnant avaient quelque chose de rassurant : il y avait de la vie. Son esprit lui laissa un moment de répit, lui permettant de reconquérir son calme habituel. Les médecins allaient bien s’occuper de lui. En tout cas, ils avaient plutôt intérêt…

Amber abandonna finalement la fenêtre ouverte pour se diriger vers sa chambre. Elle était à son image : plutôt sobre, relativement petite et assombrie par les rideaux bleus tirés. Elle contenait le strict nécessaire, à savoir un lit, un meuble, des étagères, une armoire et un petit bureau en bois près de la fenêtre. Elle fit encore quelques pas, progressant jusqu’à une étagère où trônait quelques livres – puisqu’elle ne possédait pas vraiment d’affaires personnelles – et une boîte de bijoux grise. Se mettant sur la pointe des pieds, elle attrapa cette dernière et alla s’assoir sur le lit, soupirant. L’ouvrir semblait lui demander beaucoup d’énergie, puisqu’elle mit un temps à le faire, fixant gravement l’objet qu’elle tenait entre ses mains.

Dedans, il n’y avait pourtant rien de très anormal : simplement quelques bracelets, une paire de boucles d’oreilles et… Et cet étrange accessoire brisé, qu’elle attrapa délicatement entre son pouce et son index pour le soulever devant ses yeux. Il s’agissait d’une sorte de minuscule bracelet en métal souple, sur lequel était gravé en lettres majuscules AMSBESIS. Il s’agissait de sa bague d’identification, à l’époque où elle faisait partie de cet élevage de corbeaux… Pourquoi l’avait-elle gardée ? Elle n’en savait rien, mais elle en avait ressenti le besoin le jour où elle s’était transformée pour la première fois en humaine. Peut-être pour ne pas oublier qui elle était réellement ?...

Tout à coup, son air se changea : elle semblait avoir repris confiance en elle, fronçant légèrement les sourcils. Amber reposa le bracelet dans la boîte qu’elle referma et qu’elle cacha sous son oreiller avant de se relever, déterminée. Elle ne devait pas oublier qui elle était et d’où elle venait. Mais elle ne devait surtout pas oublier comment elle était devenue celle qu’elle était désormais… Et ça, elle le devait justement à Sinéad. Tant pis si elle prenait des risques, elle devait éclaircir cela, sans quoi le puzzle qu’était sa vie ne pourrait être terminé. Elle avait beau inventer des pièces pour l’achever… Elle ne parviendrait jamais au bon résultat, celui qui la satisferait.

C’est presque en courant qu’elle sortit de sa chambre, se dirigeant dangereusement vers la fenêtre ouverte… A quelques mètres seulement de cette dernière, ses habits tombèrent raides sur le sol, comme si son corps s’était volatilisé en l’espace d’une seconde, comme par magie.

Une ombre se découpa dans la lueur de la Lune. Un oiseau. Un corbeau.
Amsbesis.

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